Symptômes du burn-out chez la femme : les signes qui alertent

Si tu es arrivée ici en tapant « burn-out symptômes femme », il y a de fortes chances que tu te poses la question depuis un moment sans oser y répondre franchement, parce que tu continues à travailler, à livrer et à t’occuper de tout le monde, et que ça ne ressemble pas à l’image qu’on se fait d’un burn-out.

Les symptômes du burn-out chez la femme, et encore plus chez la femme entrepreneure, s’installent rarement de façon spectaculaire. Ils prennent d’abord la forme d’une fatigue qui dure plus longtemps que prévu, de nuits moins réparatrices, d’une charge mentale qui ne redescend plus, même le dimanche.

Dans cet article, je te propose de regarder ces signes avec un regard de psy : ce que ton corps manifeste avant que ta tête l’accepte, ce que les listes habituelles laissent de côté, et comment savoir où tu en es (et vers qui te tourner si besoin).

En bref

  • Le burn-out chez la femme s’annonce souvent par le corps, des mois avant l’épuisement complet.
  • Les symptômes physiques du burn-out les plus fréquents sont une fatigue que le sommeil ne répare plus, des nuits hachées, des tensions et des maux de tête, une digestion qui se dérègle.
  • Certains signes du burnout passent inaperçus parce qu’ils ressemblent à des qualités : minimiser, tout contrôler, ne jamais décrocher, s’isoler.
  • Le repère le plus fiable reste la récupération : quand le repos ne suffit plus, il est temps de t’en occuper.

Pourquoi le burn-out féminin ne ressemble pas aux descriptions classiques

Les grilles qu’on trouve un peu partout ont été pensées à partir du travail salarié, avec des horaires, un bureau, des collègues et une fin de journée bien identifiée.

Quand tu es à ton compte, rien de tout ça n’existe : personne ne remarque que tu sautes le déjeuner, personne ne te dit de rentrer chez toi, et il n’y a aucun manager à qui avouer un matin que tu n’en peux plus.

Et puis il y a la soirée. Tu fermes l’ordinateur vers 21 h, et une autre partie de ta journée commence, faite de linge, de repas à prévoir, de papiers de l’école et de cette facture fournisseur que tu n’as toujours pas réglée.

Chez beaucoup d’entrepreneures que j’accompagne, le basculement commence là, dans la charge mentale, bien avant les symptômes qu’on sait reconnaître.

Anticiper, arbitrer, retenir, prévoir : cette part du travail ne s’arrête jamais à heure fixe, et chez une femme qui dirige son activité, elle se mélange complètement avec celle du foyer. Les décisions pour la maison et celles pour ton activité occupent le même espace dans ta tête, et personne, toi comprise, ne pense à compter cet espace-là. J’en parle plus longuement dans cet article : la charge mentale de l’entrepreneure.

Le corps, lui, enregistre tout.

Quand les contraintes dépassent les ressources pendant des mois, il s’adapte d’abord, puis il finit par réclamer son dû. C’est pour ça que le burn out femme commence rarement par une grande crise : il démarre par de petits signaux qu’on a toutes appris à mettre de côté.

Le mot de la psy
Ce qui rend la charge mentale si usante, c’est qu’elle ne laisse aucune trace visible. À la fin de la journée, tu as anticipé et arbitré des dizaines de choses, mais rien de tout ça ne se voit, et le cerveau a tendance à ne comptabiliser que ce qui est tangible. Tu peux donc te coucher épuisée avec l’impression de ne rien avoir fait de ta journée.
Ce décalage alimente directement la culpabilité : tu t’en veux d’être fatiguée « pour rien », alors que la cause est bien là, simplement invisible, y compris à tes propres yeux.

Les symptômes physiques

Dans la grande majorité des cas, le corps envoie ses signaux avant que la tête les accepte, et ce sont justement les symptômes physiques du burn-out qu’on a le plus tendance à balayer en se disant que ça va passer.

Fatigue qui ne disparaît pas au sommeil

La fatigue ordinaire disparaît après une bonne nuit ou un week-end tranquille. Celle dont je parle ici résiste à tout : tu peux dormir huit heures et te réveiller avec l’impression d’avoir couru toute la nuit, ou rentrer de vacances aussi lessivée qu’en partant.

Une des entrepreneures qui ont répondu à mon enquête récente le formule très bien : elle se sent fatiguée avant même d’avoir commencé à travailler. L’étude Willa sur la santé mentale des entrepreneurs fait le même constat, avec 84 % des répondants qui se sentent fatigués dès le matin, et une fatigue physique rapportée par 80 % des femmes contre 69 % des hommes.

Troubles du sommeil : endormissement, réveils nocturnes, réveil épuisé

Le sommeil se dérègle souvent de plusieurs façons à la fois. Tu mets longtemps à t’endormir parce que ta tête continue de tourner, tu te réveilles vers 3 h avec la liste du lendemain qui défile, et le matin tu te lèves déjà vidée.

Ces troubles pèsent lourd dans l’histoire. Une étude suédoise qui a suivi des personnes pendant trois ans a montré que le burn-out était le facteur le plus fortement associé à l’apparition d’une insomnie par la suite, et d’autres travaux ont observé que les personnes en burn-out clinique récupèrent moins bien pendant la nuit.

Le sommeil subit donc le burn-out, mais il contribue aussi à l’entretenir : quand tu dors mal, tu prends tes décisions plus difficilement, tu compenses en travaillant davantage, et la nuit suivante n’est pas meilleure.

Le mot de la psy
Récupérer suppose que ton système nerveux passe d’un état d’alerte à un état de repos. Après des mois de vigilance, ce passage ne se fait plus tout seul : ton organisme reste sur ses gardes même quand tu es allongée. Tu dors, mais ton corps ne se sent pas suffisamment en sécurité pour se poser.
C’est pour cette raison que le conseil « prends du repos » tombe à plat à ce stade. La difficulté tient moins à la quantité de repos qu’à la capacité de ton système nerveux à en profiter.

Tensions musculaires, douleurs dorsales, céphalées

Les épaules qui remontent vers les oreilles au fil de la journée, la mâchoire serrée au réveil, le bas du dos qui tire, les maux de tête qui arrivent en fin d’après-midi… Ces douleurs ont une explication physiologique : elles traduisent un système nerveux qui reste en tension longtemps après que la pression est retombée. La Haute Autorité de santé les mentionne d’ailleurs parmi les manifestations à surveiller, au même titre que les troubles du sommeil.

Troubles digestifs et infections à répétition

Le ventre se met souvent de la partie, avec des ballonnements, des inconforts ou un appétit qui change sans raison apparente. Et puis il y a ces petites infections qui s’enchaînent : une angine, une sinusite, un rhume qui traîne, un herpès qui se réveille. Un organisme soumis à un stress chronique protège moins bien ses défenses, et si tu as l’impression d’attraper tout ce qui passe depuis quelques mois, ça vaut la peine de faire le lien.

Le signal hormonal : cycles déréglés, symptômes prémenstruels amplifiés

C’est un aspect que je vois très rarement abordé dans les articles sur le burn-out, alors qu’il concerne directement les femmes.

Le stress chronique influence l’axe qui relie le cerveau aux ovaires, et le cortisol, l’hormone du stress, peut freiner les mécanismes qui régulent l’ovulation.

Cet article sur le cortisol (hormone du stress) peut t’intéresser.

Plusieurs revues scientifiques font le lien entre un stress psychologique élevé et des cycles irréguliers, même si le cortisol ne suffit pas à expliquer tous les troubles du cycle.

Dans la pratique, beaucoup de femmes remarquent :

  • des cycles qui raccourcissent ou s’allongent ;
  • des règles plus douloureuses ou plus abondantes ;
  • un syndrome prémenstruel plus marqué, avec davantage d’irritabilité, de larmes et de coups de fatigue ;
  • des cycles qui sautent pendant une période intense ;
  • des symptômes qui s’aggravent les jours où la charge de travail est la plus lourde.

Je préfère rester prudente sur ce point. Un cycle qui se dérègle ne suffit pas à prouver un burn-out, et beaucoup d’autres causes peuvent produire les mêmes effets, comme une périménopause, un problème de thyroïde, une anémie ou une carence. Sur une question hormonale, mieux vaut éviter l’auto-diagnostic et en parler à un médecin. En revanche, si ton cycle change au même moment que ton sommeil, ton énergie et ta capacité à prendre des décisions, mieux vaut ne pas laisser passer.

Cet article sur l’épuisement entrepreneurial pourrait t’intéresser.

Les symptômes émotionnels et cognitifs

Ces symptômes apparaissent en général après les signaux physiques, et ils s’installent si progressivement qu’on finit par les attribuer à son caractère.

On se dit qu’on est devenue soupe au lait, qu’on a une mémoire de poisson rouge (et l’âge a bon dos 🫠), alors que ces changements ont une cause bien identifiable.

Irritabilité, hypersensibilité, larmes incontrôlées

Tout devient plus difficile à encaisser. Un mail un peu sec suffit à te nouer la gorge, et tu te surprends à pleurer devant une publicité ou en vidant le lave-vaisselle, sans comprendre ce qui t’arrive. Chez d’autres femmes, c’est l’inverse qui se produit : elles deviennent cassantes, impatientes, à fleur de peau avec tout le monde. Dans les deux cas, ces réactions signalent un système nerveux saturé, qui n’a plus de marge pour absorber ce qu’il gérait sans effort quelques mois plus tôt.

Brouillard mental, oublis, difficulté à décider

Tu relis la même phrase plusieurs fois sans la retenir, tu oublies un rendez-vous fixé la veille, tu perds le fil d’une conversation en plein milieu. Les décisions les plus simples, comme réserver un billet de train ou répondre à un devis, te demandent une énergie complètement disproportionnée.

Le piège, c’est que moins tu as d’énergie pour décider, moins tu décides, et ton activité finit par ralentir. Tu en conclus que tu manques de compétence ou d’organisation, alors que c’est ta fatigue qui parle.

Perte de plaisir sur ce que tu aimais dans ton métier

Les projets qui te motivaient te laissent indifférente, les clients que tu adorais accompagner commencent à te peser, et la liberté qui t’avait poussée à te lancer ressemble de plus en plus à une prison dorée. Cette perte de plaisir est un signe de burn-out important, qui passe facilement inaperçu parce qu’il s’installe lentement, sans moment précis où tu pourrais dire que l’envie est partie.

Culpabilité et sentiment de ne pas être à la hauteur

Beaucoup de femmes décrivent une impression de dette permanente envers leurs clients, leur famille, et envers elles-mêmes, parce qu’elles n’arrivent plus à tenir le rythme qu’elles s’imposent. Cette culpabilité pousse à en faire toujours un peu plus, et ce surinvestissement finit par alimenter l’épuisement qu’il devait compenser.

Le mot de la psy
La culpabilité de se reposer repose souvent sur une équation installée très tôt, selon laquelle on vaut ce qu’on produit. Quand l’estime de soi dépend des performances (les chercheurs parlent d’estime de soi contingente), chaque moment de repos est vécu comme un moment où l’on ne vaut plus grand-chose, et le repos finit par devenir inconfortable, voire menaçant.
Ce mécanisme agit aussi en coulisses. Dans l’enquête que j’ai menée auprès d’entrepreneures, la culpabilité de se reposer est le signe le plus souvent coché, alors que très peu de répondantes la citent comme ce qui les empêche de ralentir : elles mettent plutôt en avant l’argent, les clients ou le travail en retard. La culpabilité prend volontiers l’apparence de raisons rationnelles.

Cet article sur le syndrome de l’imposteur pourrait t’intéresser.

Les signes comportementaux que personne ne nomme

Une partie des signes du burnout se repère surtout dans ta façon d’agir au quotidien. Ce sont souvent les plus difficiles à identifier seule, parce que de loin, ils ressemblent à de la rigueur ou à de l’engagement.

La minimisation

« C’est juste une période », « ça ira mieux après le lancement », « tout le monde est crevé en ce moment »… Tant que la situation porte le nom d’une période, tu n’as rien à changer. Le problème, c’est quand cette période dure depuis deux ans. Tu continues parce que tu penses que ton activité ne tiendra pas autrement. Cette peur de perdre ses revenus est un symptôme à part entière.

Le mot de la psy
La minimisation fonctionne comme une protection. Tant que tu ne mets pas le mot épuisement sur ce que tu vis, tu n’as pas à remettre en question un rythme dont dépendent tes revenus, et le déni te sert à contenir l’angoisse que provoquerait cette remise en question.
C’est aussi pour ça que les remarques de tes proches glissent sur toi. Reconnaître l’épuisement t’obligerait à agir, et quand toute ton activité repose sur tes épaules, agir paraît plus risqué que de continuer.

Le mode survie

Quand un organisme subit trop de contraintes pendant trop longtemps, il change de fonctionnement et se met à réagir au lieu de choisir. Cette bascule a des conséquences très concrètes : tu prends tes décisions plus difficilement, ta créativité s’éteint, et tu n’arrives plus à te projeter au-delà de la semaine en cours. C’est ce que j’appelle le mode survie entrepreneurial, un état dans lequel tu continues d’avancer sans piloter depuis toi-même. J’aborde aussi ce mécanisme sous l’angle du surmenage émotionnel, quand on travaille énormément sans avoir l’impression d’avancer.

Le mode survie a la particularité de réduire justement la lucidité qui permettrait de le repérer. Voilà pourquoi tant d’entrepreneures épuisées cherchent une nouvelle méthode d’organisation, alors que ce qui leur manque depuis des mois, ce sont des ressources. J’explique comment sortir du mode survie dans un autre article.

L’hypervigilance et le contrôle

Tu refuses les pauses, tu culpabilises dès que tu ralentis. Cette culpabilité de se reposer est un signe comportemental à part entière. Tu vérifies tout plusieurs fois, tu réponds à un client à 23 h, tu jettes « juste un œil » à tes mails le dimanche et tu ne délègues presque plus rien. Derrière ces réflexes, il y a un système en alerte permanente, qui a fini par confondre repos et danger. Et quand on est à son compte, rien ne vient freiner ce mécanisme de l’extérieur : personne ne te retire tes dossiers, et aucune hiérarchie ne te dira de t’arrêter.

Le mot de la psy
Le contrôle procure une impression de sécurité : tant que tu vérifies tout, rien ne t’échappe et personne ne peut rien te reprocher. Chez beaucoup de femmes que j’accompagne, ce besoin de tout tenir a une histoire. Il s’est souvent construit dans l’enfance, à une époque où être celle sur qui on pouvait compter était une manière d’avoir sa place.
Ce qu’on appelle l’hyperresponsabilité, c’est ce réflexe ancien qui continue de fonctionner alors que plus personne ne l’exige. Lâcher prise donne alors l’impression de se mettre en danger, alors que l’épuisement vient justement de ce contrôle permanent.

L’isolement

Petit à petit, tu déclines les invitations, tu racontes de moins en moins de choses à tes proches parce que tu as l’impression qu’ils ne comprendraient pas, et quand quelqu’un s’inquiète, tu réponds que ça va. Le burn out féminin prend très souvent cette forme : un épuisement invisible, porté par des femmes qui continuent d’assurer parce qu’elles ont le sentiment de ne pas avoir le choix.

Comment savoir si je suis en burn-out ?

Si tu te demandes « je suis en burnout, ou je suis juste fatiguée ? », le repère le plus fiable reste ta capacité à récupérer. Pour t’aider à te situer, on peut distinguer trois situations :

  • une fatigue normale disparaît avec le repos, et après un bon week-end ou quelques nuits correctes, tu retrouves ton énergie et ton envie ;
  • en zone d’alerte, le repos aide encore mais son effet dure de moins en moins longtemps, plusieurs des signes décrits plus haut se cumulent depuis des semaines, et tu commences à organiser ton quotidien autour de ta fatigue ;
  • quand l’épuisement est installé, tu ne récupères plus, même après une vraie pause, et l’envie de tout arrêter revient régulièrement.

Il existe aussi des échelles validées pour mesurer l’épuisement. La plus connue, le MBI de Christina Maslach et Susan Jackson, évalue l’épuisement émotionnel, la distance ou le cynisme vis-à-vis du travail, et la baisse du sentiment d’efficacité professionnelle. Ces outils t’aident à te situer, sans remplacer l’évaluation d’un professionnel.

Pour faire un premier point, tu peux faire le test burn-out. Ton résultat te donnera une base concrète à apporter si tu décides de consulter.

Burn-out ou dépression : ne pas confondre

Les deux se ressemblent par certains aspects, et aucune liste de symptômes ne permet de trancher seule. Voici quelques repères pour y voir plus clair, sans qu’ils remplacent un diagnostic.

Dans la CIM-11, la classification de l’Organisation mondiale de la santé, le burn-out figure comme un phénomène lié au travail, et non comme un trouble médical. La Haute Autorité de santé le décrit comme un syndrome clinique, et rappelle que les symptômes isolés ne suffisent pas à l’identifier, puisqu’ils peuvent aussi relever d’une dépression, d’un trouble anxieux ou d’un trouble de l’adaptation.

La distinction qui aide le plus porte sur l’étendue des difficultés :

  • le burn-out se construit dans le rapport au travail, il s’installe par étapes dans un contexte de contraintes qui durent, et les personnes concernées restent souvent hyperactives, avec une tête qui ne s’arrête plus, de l’irritabilité et des sautes d’humeur ;
  • la dépression déborde sur toute la vie, avec une tristesse continue, un ralentissement qui touche aussi la pensée, et une perte d’intérêt qui concerne également ce qui n’a rien à voir avec le travail.

Le sommeil donne souvent un indice : dans le burn-out, la difficulté porte plutôt sur l’endormissement, alors que dans la dépression, ce sont plutôt les réveils en pleine nuit avec impossibilité de se rendormir.

Un burn-out peut aussi évoluer vers une dépression, et certaines personnes vivent les deux en même temps. Seule une évaluation clinique permet de faire la part des choses, et c’est plutôt rassurant, puisque ça signifie qu’une prise en charge existe.

La Haute Autorité de santé recommande aussi d’évaluer en priorité le risque suicidaire dès qu’un épuisement professionnel est évoqué. Si tu as des idées noires, ne reste pas seule avec ça : le 3114 est gratuit, joignable 24 h/24 et 7 j/7, et il répond aussi aux proches.

Ce que tu peux faire, concrètement

Ce qui va t’aider dépend de là où tu en es, et certaines étapes se font seule, d’autres avec ton médecin, d’autres avec une psy.

  • Ce que tu peux faire seule. Si tu te reconnais dans un ou deux signes sans te sentir épuisée, commence par observer. Pendant deux ou trois semaines, note ton sommeil, ton niveau d’énergie et ton irritabilité : un symptôme isolé dit peu de choses, alors qu’une tendance qui se confirme mérite ton attention. Pour mesurer ton niveau d’épuisement, tu peux faire mon test burn-out gratuit en 19 questions : ton résultat s’affiche tout de suite, sans inscription.
  • Ce qui se fait avec ton médecin. Si les signes s’installent, prends rendez-vous avec ton médecin traitant. Il pourra écarter une cause physique (thyroïde, anémie, carences, hormones), évaluer la possibilité d’un épisode dépressif associé, et voir avec toi si un arrêt est nécessaire.
  • Ce qui se fait avec une psy. Si tu ne récupères plus, le travail psychologique devient prioritaire. Avec moi, on va plus loin que la gestion du stress : on regarde ce qui t’a menée jusque-là, ce que le mode survie te fait décider depuis des mois, et ce que tu peux modifier sans sacrifier ton activité. Si tu veux en parler, tu peux prendre rendez-vous en consultation, et on regardera ensemble ce qui est réaliste pour toi en ce moment.

La plupart des femmes que j’accompagne arrivent après avoir essayé de mieux s’organiser, de se discipliner, de tester une nouvelle méthode de productivité ou de partir en vacances, sans que rien ne change durablement. Leur méthode n’a jamais été en cause.

Le mot de la psy
Demander de l’aide oblige à reconnaître une limite, et quand ta valeur s’est construite sur ta capacité à tenir, reconnaître une limite ressemble à un échec. Beaucoup de femmes attendent alors, souvent sans s’en rendre compte, que leur corps décide à leur place.
Le burn-out finit par devenir la seule autorisation acceptable de s’arrêter, puisque personne ne peut reprocher à quelqu’un de ne plus pouvoir. Tu as pourtant le droit de t’en occuper avant d’en arriver là, et c’est même à ce moment-là que le travail se fait le plus en douceur.

FAQ - Symptômes du burn-out chez la femme

Le burn-out touche-t-il plus les femmes ?

Les données vont dans ce sens. Les signalements de souffrance psychique liée au travail sont plus fréquents chez les femmes, et le rapport du Sénat sur la santé des femmes au travail relie ces écarts au cumul entre tâches domestiques et contraintes professionnelles. Chez les entrepreneurs, l’étude Willa de 2024 relève que 42 % des femmes déclarent avoir déjà vécu un burn-out, contre 28 % des hommes. Pour moi, ce chiffre parle surtout de double charge.

La durée varie beaucoup d’une personne à l’autre. Elle dépend de l’ancienneté de l’épuisement et de ce qui, dans ton quotidien, continue de l’alimenter. Reprendre le même rythme sans rien modifier ne permet pas de récupérer.

Ça dépend du stade. Quand l’épuisement est installé, un arrêt de travail est souvent nécessaire, et c’est une décision à prendre avec ton médecin. Avant d’en arriver là, l’enjeu consiste à réduire ce qui te prend le plus d’énergie, comme le nombre de décisions à prendre, la disponibilité permanente ou l’urgence quotidienne, et ce travail peut se faire sans lâcher ton activité.

L’OMS reconnaît le burn-out comme un phénomène lié au travail, et la Haute Autorité de santé a publié des recommandations pour le repérer et le prendre en charge. Il n’existe pas de catégorie à part pour le burn-out féminin, puisque les critères sont les mêmes pour tout le monde. En revanche, la dimension genrée de l’épuisement, liée à la double charge et à la charge mentale, est de mieux en mieux documentée, notamment dans le rapport du Sénat sur la santé des femmes au travail. Pour les démarches, les règles diffèrent selon que tu es salariée ou indépendante, et ton médecin comme ta caisse d’assurance maladie pourront te renseigner.

Regarde ta capacité à récupérer. Une fatigue ordinaire disparaît après quelques bonnes nuits ou un week-end au calme. Si tu te sens aussi épuisée au retour d’une vraie pause qu’avant de partir, et que plusieurs signes s’accumulent depuis des semaines (sommeil haché, irritabilité, difficulté à décider, envie de tout arrêter), il est probable que tu sois au-delà d’une simple fatigue, et ça mérite d’en parler à un professionnel.

Les signes d’un burn-out apparaissent souvent en plusieurs temps. Le corps se manifeste en premier, avec une fatigue que le sommeil ne répare plus, des troubles du sommeil, des tensions et des maux de tête. Viennent ensuite l’irritabilité, le brouillard mental et la perte de plaisir dans ton travail. Certains signes passent plus inaperçus parce qu’ils ressemblent à de l’engagement, comme l’incapacité à décrocher, le besoin de tout contrôler ou le fait de minimiser ce que tu vis.
Les symptômes physiques les plus fréquents sont une fatigue persistante dès le réveil, un sommeil perturbé (endormissement difficile, réveils nocturnes), des tensions dans la nuque, les épaules ou la mâchoire, des maux de tête, des troubles digestifs et des infections à répétition. Chez les femmes, le stress chronique peut aussi dérégler le cycle menstruel. Ces symptômes peuvent avoir d’autres causes, d’où l’intérêt d’en parler à ton médecin.

Une dépression se traduit par une tristesse qui dure, une perte d’intérêt pour la plupart des activités (y compris en dehors du travail), un ralentissement de la pensée, une fatigue intense et souvent des réveils au milieu de la nuit. Elle se distingue du burn-out parce qu’elle déborde sur toute la vie, alors que le burn-out reste d’abord lié au rapport au travail. Les deux peuvent toutefois coexister, et seul un professionnel de santé peut faire la différence.

Sources utiles

  • Haute Autorité de santé : Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out
  • Organisation mondiale de la santé : Burn-out, an occupational phenomenon (CIM-11)
  • Ministère du Travail : Burn-out et risques psychosociaux, comprendre pour mieux prévenir
  • Santé.fr : Le burn-out est-il une forme de dépression ?
  • Ameli : Dépression, symptômes, diagnostic et évolution
  • 3114 : Numéro national de prévention du suicide
  • Sénat : Santé des femmes au travail, des maux invisibles
  • Harmonie Mutuelle et Willa : Panorama de la santé mentale des entrepreneur·e·s
  • Stress and Health : Risk factors for insomnia and burnout, a longitudinal study
  • Schaufeli et al. : Evidence that impaired sleep recovery may complicate burnout improvement
  • Stress : The silent pandemic of stress, impact on menstrual cycle and ovulation
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Marie Marchand
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